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Justice pour steve !

QUI A TUE STEVE ?

Après 38 jours de recherches, le corps de Steve, disparu dans la Loire suite à une charge de la police quai Wilson à Nantes la nuit du 21 juin vers 4h du matin, a été retrouvé, à quelques centaines de mètres de l’endroit où il était tombé.

Dans les jours qui ont suivi sa disparition, une forte mobilisation s’est enclenchée, regroupant proches, gilets jaunes, militantes et militants et organisatrices et organisateurs de free parties, contre les violences étatiques. Plusieurs rassemblements ont eu lieu quai Wilson, sous menaces préfectorales d’interventions policières, ainsi qu’une marche à l’appel de la famille, avec plusieurs centaines de personnes à chaque fois. Le soutien à la famille de Steve, et les interrogations autour de sa disparition ont soulevé toute la France. Plus qu’un drame local, « Où est Steve » est devenue une question centrale et omniprésente pour les français.e.s. Le paysage nantais en a été transformé : partout, des affiches posent cette question. Ce refus du silence a impacté jusqu’au Voyage à Nantes, institution culturelle et touristique de la ville, en transformant l’œuvre présente sur la place Royale en vitrine géante et mouvante de ces affichettes qui interpellent.

Le premier réflexe de la police nantaise, de la mairie, de l’Etat et de l’IGPN a été de déresponsabiliser la police. Si quinze personnes sont tombées dans la Loire pendant une charge, fuyant les coups de matraque, les gazs, les chiens et les LBD, ce n’est pas de la faute des flics. Il ne faudrait surtout pas que le commissaire Georges Chassaing, responsable de la charge, connu pour ses méthodes violentes, et décoré 5 jours plus tôt par le ministre de l’Intérieur, soit mis en cause. La violence de la répression contre les commémorations à Toulouse, et les réactions de flics sur leurs murs Facebook, témoignent de leur impunité totale. L’ouverture d’une enquête par le parquet pour « homicide involontaire » vient renforcer le mythe gouvernemental de l’absence de responsabilité étatique.

Steve est la troisième personne tuée par la police depuis 2017 sur Nantes. En quarante-deux ans, cinq cent soixante-dix-huit personnes ont été assassinées par la police. Pourtant, celle-ci jouit toujours d’une impunité à quasi-toute épreuve, ainsi que du soutien indéfectible de l’Etat et de la justice. Si l’assassinat est si facile, c’est qu’un roman national, de plus en plus affirmé, le permet. L’institution policière a été créée pour protéger les bourgeois, et c’est aujourd’hui toujours le cas. La répression et la mort s’abattent, toujours plus violemment, sur les quartiers dits « difficiles », et les populations racisées les plus précarisées.

Arrêtons d’attendre de la justice bourgeoise, à la merci des gouvernant.e.s, qu’elle reconnaisse ce qu’il s’est réellement passé le 21 juin 2019, et tous les autres jours où des personnes ont été victimes
de violences policières.

Contre les violences policières, autodéfense populaire !

Rejoignons nous samedi à 13h à Commerce pour l’acte 38 Gilet Jaune :
« Tous à Nantes pour Steve »
(https://www.facebook.com/events/371832613712492)